Courrier des lecteurs -1-
Recevoir
Je constate, numéro après numéro, que je ne parviens pas à m’approprier comme je l’aimerais le contenu de ce qui nous est envoyé. Malgré l’introduction apportée par l’édito, au fil de la lecture, je perds fréquemment le fil autour duquel s’ordonne le numéro. J’apprécie chaque article pour lui-même, mais pourtant, j’ai souvent du mal à aller au bout, et aussi à le lire en lien avec les autres.
J’ai répondu en juin au sondage envoyé par le Cercle Ecriture pour recueillir nos impressions ou réactions au sujet d’A Dire, et il m’a été demandé de partager dans le courrier des lecteurs une des choses que j’évoquais.
Je ressens un décalage entre, d’une part le plaisir et l’intérêt que j’éprouve a priori à l’idée de lire la revue qui arrive dans ma boite mail, et d’autre part les difficultés que je rencontre ensuite pour m’en approprier le contenu : difficulté à « m’y mettre » (à la lecture), à « imprimer » le contenu (ça s’échappe de mon esprit une fois la lecture achevée), à mettre les écrits en lien les uns avec les autres autour du thème choisi. Bref, ça beugue. Or, la lecture de textes sur écran, c’est incontournable aujourd’hui, tout le monde le sait, tout le monde le fait, et moi aussi au demeurant. Je mesure et j’apprécie raisonnablement les avantages nombreux et variés de la diffusion hors support papier. Par ailleurs, j’apprécie grandement, lorsque j’ai à rédiger, les facilités d’écriture offertes par le travail sur l’ordinateur.
Mais ma réalité interne, incontournable, c’est que, en dépit de tout, le livre, l’objet livre me manque. Le livre, cet ami de longue date, fidèlement présent pour me parler, m’aider à m’évader, me consoler, autant que me faire découvrir ou comprendre des choses, me faire communiquer avec le monde. Je peux le prendre, le laisser, y revenir, mon marque-page me replace instantanément au bon endroit. Je suis sensible à la qualité, à l’odeur, à la couleur du papier. Son poids constitue un de mes repères familiers, et mes doigts sont habiles pour feuilleter les pages et me repérer entre les différentes sections ou parties, passer et repasser de l’une à une autre rapidement si nécessaire. Pas besoin d’électricité, son autonomie me donne de la liberté. Que ce soit confortablement installée dans un fauteuil, assise par terre sous un arbre ou debout sur un quai ou dans une salle d’attente, je trouve toujours un espace/temps disponible pour avancer mes lectures, entre deux autres occupations. L’objet livre me met en appétit et en ouverture à la lecture car il parle à mes sens autant qu’à mon intelligence, il convoque en moi toutes sortes de choses anciennes propres à mobiliser mon intérêt et également ma concentration (et c’est pourquoi je ne me suis pas encore décidée à me mettre à la lecture sur liseuse, je dois l’avouer).
Ce désir est plus défaillant lorsque je lis en faisant défiler un texte sur l’écran de mon ordinateur (ou tablette ou téléphone). Avoir quelque chose à lire prend facilement une coloration pénible de « un truc de plus à devoir faire, assise devant l’ordi », et faisant turbiner mon ordi-cerveau seul. Cela s’oppose au fait que lire cette revue signifie pour moi au contraire recevoir quelque chose de précieux de la communauté gestaltiste, qui alimente mon lien avec elle, quelque chose d’incarné, chaleureux, en mouvement. Je reste donc un peu « bête », embêtée, devant mes constatations, me découvrant emprisonnée dans ce conditionnement qui auparavant ne me faisait pas sentir ses limites, et cherchant un moyen d’en assouplir le lien. Je me demande également si et comment ma problématique est partagée ou non, notamment par ceux qui, plus jeunes que moi, ont été familiarisés très tôt avec la lecture sur écran. En conséquence, toutes vos réponses m’intéresseront, merci d’avance (smiley sourire).
Claire Mignot.
Gestalt-thérapeute à Cergy-Pontoise (Val d’Oise, en limite des Yvelines)
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