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À Dire PÔLE ÉCRITURE
5 février 2026

Les Psys du Cœur

Les Psys du Cœur à Paris

J’ai intégré l’équipe et la « famille » des Psys du Cœur en 2011, alors que l’ouverture de la première permanence parisienne avait eu lieu en novembre 2009. J’étais alors encore salariée, sortie du 2e cycle de ma formation à l’École Parisienne de Gestalt - y compris la session de psychopathologie - et j’entamais mon 3e cycle « Fap-Art ».

Lorsque j’en ai entendu parler, l’idée et l’engagement social de cette association m’ont tout de suite plu. Être là pour accueillir et recevoir toutes sortes de personnes qui trouvaient la force de venir sonner pour demander de l’aide et consulter, souvent dans une nécessité vitale.

J’étais déjà sensibilisée à ces difficultés de vie, ayant eu l’occasion de travailler dans les secteurs de psychiatrie et psychiatrie institutionnelle, à l’occasion de mes études universitaires en psychologie, abandonnées avant d’obtenir une licence.

En tant que débutante sans clientèle, j’ai intégré le poste d’accueillante pendant plus d’un an, le temps de me constituer un début de clientèle et de pouvoir demander mon intégration en tant que thérapeute dans l’équipe. A l’époque, cela avait été longuement discuté avant que je sois finalement agréée par l’équipe. Ce processus, entre autres, a évolué bien différemment aujourd’hui.

Je suis toujours passionnée par cette activité bénévole, tellement enrichissante sous de multiples formes.

Tout d’abord le travail et les échanges en équipe, avec les apports de différentes provenances mais reliées dans une conception thérapeutique commune, et les liens communautaires, solidaires, humains et amicaux de cette équipe, qui a pourtant traversé quelques périodes de tensions. L’investissement profond de ses participants et leur contribution vers une action soudée en communauté de support.

Et aussi bien sûr, le contact avec chaque personne reçue dans ce cadre, son histoire, sa façon d’être, ses questionnements. Beaucoup me touchent profondément par leur courage, leur patience et leur persévérance : elles attendent parfois deux heures ou plus avant de pouvoir être reçues.

Et enfin les marques de reconnaissance en retour pour l’équipe et l’accompagnement collectif.

Allons dans nos locaux parisiens :

« Bonjour, c’est bien ici les Psys du Cœur ? »

« Mais oui, vous êtes à la bonne adresse, bonjour ! Venez et installez-vous. Voulez-vous une boisson chaude, des gâteaux, du chocolat, des fruits secs ? »

Pour la première visite, ça commence comme ça : c’est un nouveau « passant ».

Une fois le passant installé, notre « accueillant » du jour prend le temps du premier contact, de se présenter, d’expliquer notre fonctionnement. Il lui pose aussi quelques questions basiques, pour le remplissage de nos statistiques, nécessaires à l’obtention de subventions. Il lui indique la boîte où il pourra déposer (ou non) une somme qui lui convienne.

Nous sommes là tous les vendredis, de 10h00 à 17h00, dans une maison des associations municipales. Tout le monde et chacun peut y venir, sans rendez-vous. Anonymement, juste avec un prénom ou un pseudonyme. Autant de fois que souhaité. Libre de revenir ou pas.

Dans leur ordre d’arrivée, les passants qui le souhaitent sont reçus dans un bureau séparé pour un entretien confidentiel, limité à une demi-heure s’il y a de l’affluence. Le thérapeute rédigera un compte-rendu de la séance. Si la personne revient, le thérapeute suivant prendra le temps de lire les derniers compte-rendus.

Ce qui est particulier, c’est que nous sommes une équipe en communauté de support : nous tournons sur les vendredis et le passant n’aura pas nécessairement le même thérapeute d’une séance à l’autre. Le passant ne peut pas choisir son thérapeute (ni le thérapeute son passant) sauf nécessité d’exception. Le transfert s’opère sur l’équipe, et non pas sur un thérapeute.

Certains ne reviendront pas, d’autres viennent épisodiquement, et certains tous les vendredis depuis plusieurs années.

Souvent ils nous témoignent chaleureusement leur reconnaissance quant à la qualité de l’accompagnement apporté par l’équipe dans leur cheminement. Ils manifestent la richesse de pouvoir éclairer leur problématique sous différents angles et points de vue, selon les rencontres de thérapeutes et d’accueillants divers. Ils nous considèrent comme une famille.

En attendant leur entretien, ils peuvent échanger, discuter, avec les autres passants (ou pas). Colorier des mandalas ou continuer un puzzle, lire, écrire.

L’équipe parisienne comporte actuellement une quinzaine de bénévoles, accueillants ou thérapeutes agréés par l’équipe, de diverses formations, gestaltistes et autres, tous dans un courant humaniste et relationnel validé.

Les nouveaux bénévoles, qu’ils envisagent ou non d’être thérapeutes, sont invités à commencer par le poste d’accueil, une place vivante et riche, qui permet de s’imprégner de l’ambiance et du fonctionnement de l’antenne. Les accueillants gèrent le petit groupe de passants en attente de leur tour d’entretien, tablée souvent animée.

Recevoir en entretien exige un parcours et une pratique personnelle confirmés, une présence active et ouverte, d’autant que les problématiques sont souvent lourdes et cumulées.

Les passants sont aussi invités, s’ils le souhaitent, au Groupe de Soutien Mutuel mensuel de 2 heures qui est animé par deux bénévoles dont au moins un thérapeute.

L’équipe se réunit une fois par mois, alternant réunions d’équipe et supervisions, toujours suivies d’un moment convivial. Ces moments de partage sont très précieux pour le lien et la solidarité entre nous, primordiale. Le partage de nos expériences et questionnements et la mise en commun de nos réflexions sur les passants permettent souvent de dessiner une ligne de travail pour un soutien thérapeutique, qu’il soit passager ou, pour certains, au long cours.

Les Psys du Cœur, une association nationale

Nommée au départ « Dispens’aire Psy, les Psys du Cœur », en tant que « soutien psychothérapeutique pour tous », est maintenant connu comme « Les Psys du Cœur ». L’équipe parisienne a ouvert sa première permanence en novembre 2009, avec ce dispositif élaboré par quatre gestalt-thérapeutes.

Depuis, l’association a essaimé : elle comporte actuellement six antennes locales : Annecy, Grenoble, Oyonnax, Paris, Rennes, et dernièrement Lille, ainsi qu’une antenne téléphonique et visio, « Le Fil », pour les passants qui ne peuvent pas se rendre à l’une de nos antennes.

A Paris, une activité hors les murs de soutien thérapeutique en « aller vers » a pris beaucoup d’ampleur et s’est finalement autonomisée en 2022, créant sa propre association : Les Psys Nomades.

Chaque antenne a bien-sûr ses particularités, ses initiatives et ses idées qu’elle partage avec les autres, ce qui contribue à dynamiser l’ensemble de l’association : groupes de parole ou créatifs, interviews et articles, échanges associatifs locaux ou nationaux, obtentions de fonds et organisation interne, etc. Elles ont chacune leur supervision.

Une Newsletter interne est régulièrement éditée, précieux partage à tous les adhérents d’expériences et d’échanges entre les antennes.

Les antennes sont autonomes dans la gestion de leurs fonds qui sont mutualisés en trésorerie nationale.

Chaque année en mars, une antenne différente accueille et organise l’Assemblée Générale.

C’est l’occasion de réunir des adhérents de toutes les antennes et de réfléchir à un thème commun. En 2025, avec le thème « Soutien thérapeutique et diversité des pratiques » nous avons abordé nos critères de recrutement, notre formation des accueillants, la gestion des crises internes.

Et puis pour rassembler ces multiples, diverses et riches expériences, un « dernier né » arrive au monde - le Livre ! - dont les dernières lignes sont en cours d’écriture et le manuscrit en attente d’édition. Corédigé par des bénévoles de l’antenne d’Annecy, il apporte des réflexions sur ce soutien thérapeutique communautaire, donne la parole à des passants et des bénévoles, et laisse la place à un peu de poésie… (Le soutien psychothérapeutique pour tous, éd Encretoile, 2025)

La suite de cet article est constituée de quelques extraits de ce livre qui témoignent de la démarche communautaire et bénévole des Psys du Cœur, au cœur de la cité.

Une passante …

« Elle a près de 70 ans

Un sac posé à côté du fauteuil renferme toutes les affaires du reste de sa vie

qu’elle promène dans la ville, le long des trottoirs »

Le soutien thérapeutique communautaire

La question du soutien est essentielle. Laura Perls le souligne : « les personnes qui font appel à la thérapie sont coincées avec leur anxiété, leurs insatisfactions … elles sont malheureuses. Elles manquent du soutien intrapsychique dont elles auraient besoin pour établir le genre de contact qu’elles souhaiteraient ou pour transiger avec les situations dans lesquelles elles se trouvent. Toute déficience du système de soutien est vécue comme de l’anxiété » (Laura Perls « Vivre à la frontière » p. 137).

Face à cette déficience, c’est au thérapeute d’apporter cette sécurité, ce support pour que le passant puisse aller vers du nouveau. Ce soutien se manifeste durant le travail psychothérapeutique. Il ne s’agit pas « d’une approbation inconditionnelle du patient, ou du contenu de ses dires, il consiste à soutenir le processus, le mouvement vers… » (Chantal Masquelier « Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie » p. 204).

Cette situation s’active dans la globalité de son être : corporellement, émotionnellement, intellectuellement, socialement et spirituellement. La présence soutenante du thérapeute fournit au patient un continuum sécurisant et signifiant : « il est là, il reste là, avec moi quoi qu’il arrive »

Dans le dispositif habituel d’un cabinet, le rythme des rendez-vous systématiques fait office de soutien et de contenant : le processus est soutenant. Par ailleurs, la relation entre le thérapeute et le patient au fil des séances va progressivement constituer une alliance, relation sur laquelle le patient va pouvoir prendre appui.

Sur qui, sur quoi, dans notre dispositif singulier, le passant va-t-il pouvoir s’appuyer ?

L’enjeu est de transformer le « il est là, il reste là, avec moi quoi qu’il arrive » en « ils sont là, ils restent là, avec moi quoi qu’il arrive ». Cela passe par « la permanence de la permanence » ! Celle-ci fait office de soutien. Le passant sait qu’il peut venir, tout au long de l’année, sans rendez-vous : il sera toujours reçu sauf événement exceptionnel. C’est une contrainte difficile à porter pour les bénévoles, mais il est essentiel d’assurer cette présence et cet accueil. Nous observons d’ailleurs combien la période de vacances, l’été, est vécue douloureusement par de nombreux passants.

Aux Psys Du Cœur, le soutien thérapeutique est de type « communautaire ». Le service proposé repose sur le bénévolat avec les disponibilités limitées de chacun.

Ainsi, le passant qui revient plusieurs fois est amené à rencontrer des équipes différentes. Au départ par nécessité, ensuite par intérêt thérapeutique, il est donc accompagné par un collectif de bénévoles : thérapeutes et accueillants. Cette situation favorise les résonnances et les possibilités de transferts mais aussi de contre-transferts multiples et variés.

Les thérapeutes ont des références théoriques différentes et, dans le même esprit, les accueillants ne sont pas forcément recrutés dans le domaine de la psychologie, mais viennent d’horizons divers. Cette pratique trouve un écho dans la psychothérapie institutionnelle, notamment avec le travail en équipe pluridisciplinaire.

Ce potentiel de transferts et contre-transferts nécessite de penser à plusieurs (thérapeutes et accueillants) les situations individuelles, leur trouver des réponses pertinentes.

Et il est important de souligner ici l’existence d’un transfert vis à vis de la communauté des Psys Du Cœur. Louis, qui a vécu de la maltraitance au sein de sa famille, nous dit : « ici on me traite bien ». Comment notre communauté peut faire « famille » pour certains, et serait bien traitante, unie ou pas … C’est alors tout l’enjeu de la communauté des bénévoles.

Kamile nous rencontre depuis une vingtaine de séances.

Elle est d’origine turque et ancienne militaire.

Elle a souvent montré une attitude rude et confrontante au cours des entretiens.

Dans un premier temps, le partage entre bénévoles, covision et supervision, permet de pointer une forme d’agacement, voire de rejet, chez de nombreux bénévoles.

Ensuite, progressivement, des éléments douloureux de sa vie émergent, diffusés au compte-goutte auprès de chaque thérapeute.

Tous ces éléments rassemblés dessinent des situations de maltraitance de l’enfance.

Émerge alors une attitude de compréhension et de soutien, nous faisons nôtre sa douleur et nous nous rapprochons d’elle.

Les séances suivantes en seront transformées et les premières larmes apparaitront.

Notre proximité, construite collectivement, permettra à Kamile de commencer à se livrer.

Un livre d’or à disposition sur la table de l’accueil, attend pour recevoir les paroles des passants :

« Le patchwork de psys que vous êtes, m’aide de mois en mois à avancer sur mon chemin,
à m’affirmer en tant que Moi (femme, mère, épouse, bénévole…) »
« Ravie pour le bon climat, comme une oasis ! qui nous soulage malgré le froid.
Ce jour, je vous adresse le lys de mon cœur… »
« Je ne regrette pas d’être venu, ça me fait beaucoup de bien ; c’est la troisième fois mais on dirait que a fait longtemps que je viens, il y a un échange formidable, mieux que ce que j’ai connu avant. »
« Quand il n’y a plus d’espoir il ne faut désespérer de rien ».

Paroles de passants

Kalye Viollet avec la participation de Daniel Cortesi et Catherine Bolgert

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