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À Dire PÔLE ÉCRITURE
5 février 2026

Accueillir, aller-vers

deux approches de l’engagement psychosocial

Je suis engagée dans deux des associations qui vous sont présentées dans ce supplément de À Dire : les Psys du coeur et les Psys Nomades. Je souhaite clarifier, pour moi d’abord, et partager avec vous, lecteurs, la richesse et les variations de posture que comporte cette double appartenance. J’aime bien cette expression du philosophe Ludwig Wittgenstein : « clarification d’une situation par l’arrivée d’un nouvel énoncé plus approprié ».

Mon histoire avec ces deux associations

Les Psys du coeur existent depuis 2009. Les fondateurs de l'association, puis d’autres, sont venus à des journées de la Société Française de Gestalt parler de cette expérience nouvelle qui avait débuté à Paris - et dont la forme vous est exposée dans un autre article de ce numéro. J'étais sceptique : comment prétendre à un soutien thérapeutique dans un cadre qui n'assure ni la continuité du thérapeute ni un engagement du client ?

Puis, devenue parisienne en 2021, j’y ai goûté.

J’ai aimé cette forme originale de soutien thérapeutique à des personnes en situation de précarité (économique, sociale, culturelle). J’ai découvert comment le lieu, le groupe, l’équipe des accueillants et thérapeutes, peuvent faire soutien et cadre sécurisant.

Les Psys du cœur ont essaimé, de Paris à cinq autres villes. Les différentes antennes sont diversement engagées dans le tissu social de leur ville. Au sein de l’antenne parisienne une activité originale s’est développée et a pris un essor particulier lorsque le confinement a imposé la fermeture de la permanence, l’activité des Nomades : sortir de la permanence et aller vers des publics qui sont éloignés du soutien thérapeutique, et cela en collaboration avec les autres acteurs de la santé psycho sociale.

À mon arrivée chez les Psys du coeur, j’ai découvert l’existence des Nomades.

Un soutien psychothérapeutique « hors les murs », cela m'intéressait : j'ai participé à quelques unes de leurs actions. Lorsque les Nomades ont créé leur propre association, je les ai rejoints.

Ce faisant, j'essayais de comprendre en quoi l'activité Nomades se différenciait du projet principal de l'équipe de Paris : la permanence.

Accueillir dans un lieu sécure ... / Aller vers ... des personnes en situation de précarité.

Je parlerai ici de mon expérience de cette diversité dans la posture.

Posture de Psy du cœur

Ma posture de thérapeute Psy du cur est bien décrite dans l’article de Kalye Viollet. Elle a ceci de commun avec ma posture en cabinet, que le patient/passant a fait la démarche d’entrer dans un espace qui a été aménagé pour lui/elle — pour eux les passants. Toutefois, chez les Psys du ccœur cet espace n'est pas une salle d'attente, mais un lieu où le passant est accueilli par une personne dédiée à l’accueil (éventuellement moi-même, si nous ne sommes que deux thérapeutes), avec boissons, grignotages et, si souhaité, un échange amical qui ne fait pas thérapie. Je trouve que le caractère convivial de l’accueil met en évidence la dimension solidaire des Psys du cœur et favorise un contact naturel, voire familier, entre nous, les bénévoles, et les passants.

La dimension collective du soutien thérapeutique existe aussi en fond pendant l’entretien : thérapeute, je n’ai pas été choisie, je suis disponible au passant et au service du projet des Psys du cœur ; le passant est au courant qu’un compte rendu de notre entretien sera mis à la disposition des autres thérapeutes (parfois il/elle demande qu’une information n’y soit pas transcrite).

Il n'y a pas de contrat thérapeutique, le passant est libre de revenir, ou pas, dans ce lieu où il a osé entrer, c’est sa décision.

Pour moi ce dispositif avive l’esprit de collaboration entre moi thérapeute et le passant, qui caractérise les thérapies humanistes, notamment la Gestalt.

La participation financière (facultative) introduit une réciprocité envers l'association ; personnellement je vis aussi une forme de réciprocité dans notre échange entre êtres humains, plus présente et mieux nommée que naguère au cabinet.

Par ailleurs la relation est plus fragile, puisque elle ne comporte pas de contrat ; elle peut durer, mais sa fin est rarement travaillée avec le passant, source d’interrogations et de frustrations et thème de supervisions.

Posture de Psy Nomade

M’acculturer à l’ « aller vers » des Psy Nomades m’a pris du temps.

Être là simplement, pleinement, dans un lieu où les passants viennent pour tout autre chose qu’une attente « psy », me proposer par un « comment ça va ? » sincère et chaleureux, ou leur proposer de former un groupe pour un soutien mutuel, et bien d’autres situations… quelle est la légitimité qui me soutient ? Posée telle quelle, cette question ignore un aspect fondamental du projet Psys Nomades : le partenariat avec des organismes, institutions ou associations, concernés par la santé psycho-sociale.

En effet, ma posture ici se fonde certes sur mon désir personnel de rencontre et de solidarité, doublé d’une indéniable curiosité, mais aussi sur mon adhésion à un projet social et politique commun à toute l’équipe et sur le partenariat qu’implique ce projet — très loin du schéma classique de la psychothérapie individuelle.

Pour préciser mon expérience de ce projet novateur, je remarque que « aller vers » implique un mouvement qui se déploie de manière originale dans deux dimensions, l’espace et le temps (où, quand) et recourt à des modalités de contact diverses (comment).

L’espace, parce que les Psys Nomades s’inscrivent de manière « horizontale » en collaboration avec des partenaires, des acteurs sociaux, et toujours en équipe. La santé psychique n’est qu’un aspect de ce qu’il est convenu d’appeler le bien-être psycho-social. Pas de lieu dédié, c'est moi qui viens, c’est nous qui venons, avec notre maison intérieure ouverte, prête à accueillir, dans des lieux sociaux :

- lieux consacrés à des besoins alimentaires ou/et élémentaires (distributions alimentaires étudiantes, Secours Populaire) ou de santé (mammographie ambulatoire) ou sociétaux (café social, escrime pour des femmes victimes de violences etc.)

- lieux de rencontre sociale, que les passants fréquentent avec un désir plus ou moins conscient, plus ou moins explicite, de contacts sociaux (cafés Bla Bla, Paris plage, forums divers, festival Pop§Psy etc.).

- lieux dédiés par un partenaire à une rencontre ou une série de rencontres co-organisées avec les Psys Nomades, (c'est la situation la plus proche de ce que nous connaissons dans l'exercice libéral de thérapies de/en groupe).

Dans tous les cas, l’anonymat est de règle, Psys Nomades et passants ne se connaissent que par leurs prénoms.

Lorsqu’une présence des Psys Nomades est envisagée, le sens et la forme en sont préparés et soutenus avec les différents acteurs, y compris les personnes concernées chaque fois que c’est possible, qu’il s’agisse de demandeurs d'emploi, de femmes victimes de violences, d’exilés etc. : une collaboration où chacun.e déploie ses ressources propres, en fonction de sa place dans la Cité et de ses compétences au sens le plus large. Elle fait aussi l'objet d’échanges internes à l'équipe.

Je me souviens d'une réunion visant à préparer une performance publique sur une place populaire : y participaient notamment un responsable de la santé mentale de la Ville, des personnes accueillies dans un centre dédié et leurs référents. En arrivant, je me suis fait la remarque que l’apparence de ces personnes, un peu bizarre, sans doute liée à une situation de handicap, pouvait être discriminante ; puis j'ai vu combien, au cours de la réunion, ces personnes s’animaient, et l’une d’entre elles a fait de belles propositions qui enrichissaient mon premier regard. Et j’ai bien aimé la simplicité, efficace, encourageante, du représentant de la Ville.

Ailleurs, nous avons réorienté notre mode de présence auprès de personnes âgées issues de l’immigration grâce à la contribution de quelques femmes qui fréquentent ce lieu et de la salariée chargée de l'accueil.

Parfois nous avons juste à nous mettre, dans un premier temps, à l'égal d’acteurs sociaux, comme lors d’un atelier dont le thème était « le sommeil » avec de jeunes mères exilées, où nous Psys Nomades avons proposé à toutes, femmes exilées et acteures sociales dont une sage-femme, de masser les pieds des bébés !

Dans la collaboration avec les acteurs de terrain qui sont aux prises avec du quotidien, je me re-pose souvent la question : en quoi ma présence de psy est-elle complémentaire de celle que les bénévoles ou les salariés déploient au service d’un bien-être psycho social — parfois même basiquement élémentaire (logement, nourriture, sécurité) ? Je crois que c’est une posture de disponibilité, d’ouverture, toujours à retravailler, qui nous permet d’accueillir des situations que nous n’avons pas à gérer en pratique.

Les postures respectives d’acteur social, bénévole ou professionnel, et de Psy Nomade étant bien différenciées, nous avons à préserver la confidentialité des échanges entre passants et psys, vis-à-vis des acteurs sociaux et partenaires. Celle-ci est toujours énoncée dans la préparation des actions, et elle est soutenue par une solide réflexion déontologique de l’équipe.

L’espace de la rencontre inclut donc métaphoriquement ET les partenaires ET l’équipe, deux composants de la société : cela me permet d'avancer en sécurité dans ces expériences riches de nouveauté.

Le temps, parce que les rencontres sont par définition éphémères, même lorsqu’une action consiste en une suite de réunions / ateliers sur des thèmes précis (« rencontre de soi et des autres », « estime de soi » etc.)

Sur ces rencontres, rares et donc précieuses et impliquantes, subsiste souvent pour moi un questionnement, une insatisfaction : qu’en reste-t-il à l’échelle du temps qui s’écoule ? ce que nous avons ouvert chez des passants pourra-t-il être cultivé ? Cette question se pose également aux Psys du cœur, mais de manière moins flagrante, puisque les passants y ont la possibilité de revenir.

Psys Nomades, nous encourageons particulièrement le recours aux ressources de l’environnement qui s'inscrivent dans la durée et cela dans toutes leurs dimensions, non seulement psychiques mais aussi corporelles et sportives, relationnelles, artistiques etc, parfois en y participant avec les « bénéficiaires ». Nous favorisons le soutien mutuel — voire la pair aidance — par nos propositions de rencontres en groupe, dont les passants et/ou les partenaires peuvent ensuite se saisir.

C'est parce que le « lieu » de la rencontre (le partenaire) perdure, que notre passage (éphémère) contribue à ce que se créent des formes de soutien psychosocial collectif qui ne comportent pas nécessairement une prise en charge individuelle, inaccessible au plus grand nombre.

Les modalités du contact :

Au cours de ma vie de gestalt-thérapeute, j’ai fait l'expérience des multiples exercices pratiques que l’on propose en psychothérapie de groupe avec une intention précise — média artistiques, jeux relationnels ou autres. Ces exercices nourrissent l’animation de groupes par les Psys Nomades.

Là même où il n'y a pas de demande explicite des passants (forums, Paris Plage ...), des propositions font nouveauté : du jeu (jeu de l’Oie des souvenirs, cartes émoticones etc.…), de la création (dessins, collages ...), des petits mots sur des papiers en forme de coeur, répondant à des questions simples (« comment je prends soin de moi ? »), que l’on suspend à une ficelle, etc. C’est aussi l'apprentissage de gestes simples, comme des « gestes anti stress », en groupe ou en entretien individuel. Des propositions qui font intervenir le corps et l'affectif.

Réticence inavouée : « ce n'est pas de la psychothérapie ! » puis je comprends que ces expériences sont par elles-mêmes porteuses de vie, génératrices de bien-être et donnent à la personne l'accès à de la nouveauté ; ce sont aussi pour nous des manières d’entrer en contact autrement que par la parole — et souvent une présence bienveillante suffit.

Car il y a toujours ce que j'ai évoqué d’abord : être là, simplement, une présence offerte, au-delà des doutes que je porte et qui me renvoient à la question fondamentale : qu’est-ce qui fait thérapie — là où je suis, là où il/elle est ?

Epilogue

Je trouve du sens et du plaisir à être thérapeute dans chacune de ces associations. Elles diffèrent quant à leurs positionnements respectifs dans la société, qui se sont précisés depuis leur séparation début 2023.

C’est dans l’espace public que ma loyauté est parfois mise à mal : pour la clarté de mes engagements sociétaux et pour mon propre confort, j’y suis OU Psys du coeur OU Psy Nomade. Telle Janus, je m’efforce de ne donner à voir publiquement, selon les circonstances, qu’une seule face de mon engagement… excepté par cet écrit : quel bonheur !

Les projets respectifs des deux associations sont globalement en accord avec mes valeurs sociales et politiques, mon humanité. Dans chacune d’entre elles, je déploie, et m’emploie à améliorer, mes capacités à la rencontre, dans une posture à ajuster chaque fois. En accueillant des personnes en demande, en allant vers des personnes en situations de précarité et d'une grande diversité socioculturelle, je suis confrontée à l’exigence de tenir ouverts mon coeur et mon esprit, et j’y gagne de belles rencontres : merci à la vie.

Catherine Bolgert

bolgertcatherine@gmail.com
www.psysducoeur.fr
lespsysnomades@gmail.com

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